Présidentielles 2017, on s’assied encore sur nos rêves?

Actualité

On entend partout que les inégalités se creusent, que la nature se dégrade… et l’on ne peut pas dire que c’est une situation qui rend heureux grand monde. Je pense que l’on apprécie tous les beaux paysages et croiser des gens souriants… Et pourtant à l’approche des élections on continue à entendre « Tu vas voter pour lui? C’est des belles idées, mais ne rêvons pas, il n’a aucune chance, regarde les sondages ! ». Alors on vote pour le moins pire ou alors pour faire barrage à untel et on piétine gentiment notre envie de faire bouger les choses. Alors ne nous étonnons pas que nos rêves ne rentrent pas dans les urnes !

Bon d’accord, on a déjà eu des promesses, on y a cru et puis on s’est fait avoir. Comme beaucoup j’ai été déçue et j’avais même renoncé à voter. Mais si les candidats ne tiennent pas leurs promesses, alors peut-être que c’est le système qu’il faut changer? Donc pour 2017, changeons le système !

Et ça tombe à pique, il y a bien un programme qui va en ce sens (Attention /!\ je n’ai pas dit qu’il résoudra tout), c’est celui de la France Insoumise, qui propose un sacré coup de balais. Par contre je me rend compte qu’encore trop peu de gens s’y sont penchés. Il faut dire que tout le système médiatique se focalise uniquement sur le candidat, LA figure, au lieu de s’intéresser au programme dont il est le porte parole. Et puisqu’il faut bien présenter un candidat, car c’est comme ça que le système actuel fonctionne (en attendant de le changer), celui de la France Insoumise, comme toute personne n’est pas parfait. Il n’a pas le bon costume selon certains, le bon CV pour d’autres, parle trop fort, est trop vieux, n’est pas assez ceci ou trop cela… et nous aussi on se prend à ce jeu et on oublie d’écouter ce qu’il défend et le laisser développer ses propos.

J’avais entendu quelque part cette phrase bien trouvée, mais je ne me souviens plus de l’auteur :

 » Les politique c’est comme les yaourts, on prend celui qu’on voit le plus à la télé. »

Malheureusement quand on achète un produit, bien souvent on se fie à l’emballage. C’est seulement après avoir payé qu’on peut y goûter et si ce n’est pas bon, alors on regarde ce qui est écrit sur l’étiquette en tout petit et là normalement on se dit que l’on nous y prendra plus… et j’espère bien qu’aux prochaines courses on ne le remettra pas dans son panier.

Et bien là, j’ai envie de dire, que pour les élections c’est un peu pareil. Et c’est pour ça qu’il faut être vigilant et ne pas fonctionner à l’étiquette ou au marketing. Car il nous faudra attendre 5 ans pour changer à nouveau les choses. Alors c’est maintenant qu’il faut prendre le temps de lire les petites lignes.

« J’ai déjà pas le temps de lire au quotidien, alors tu crois que je vais me taper les 11 programmes des candidats? »

Ces dernières années, j’ai modifié mon mode de vie, ma priorité c’est de pouvoir prendre le temps de faire les choses comme je l’entend. Garder du temps de cerveau disponible pour m’informer. Ce temps libéré, je veux aussi le mettre au profit des autres car ça ne m’intéresse pas de vivre dans une bulle. C’est donc dans cette démarche que j’ai eu envie de vous partager ce qui m’a interpellé dans le programme de la France Insoumise. Voici ce qui m’y plaît, ensuite, à vous de juger :

Premièrement c’est le processus même de l’élaboration du programme que je trouve innovant (à l’échelle d’une présidentielle, car il y a déjà un moment que le monde associatif le pratique). La France insoumise a invité les volontaires à se joindre à des tables rondes à travers la France pour écrire ce fameux programme autour du thème « L’humain d’abord ». Les gens n’avaient aucun engagement à tenir, pas de carte de parti à prendre ou à présenter, pas de sous à donner… Le résultat est perfectible, certes, mais il faut dire que ce n’est pas une démarche facile : faire entendre les voix de chacun, surtout qu’en on n’y est pas habitué ! (Essayez de faire discuter 10 de vos amis sur des sujets politiques… alors imaginez des assemblées gigantesques…). En tout cas c’est une démarche volontaire, exemplaire même, à l’inverse des huit-clos des équipes de campagne habituels entourant les candidats. C’est une première démonstration concrète du chemin à emprunter vers la démocratie.

Quelques points importants du contenu du fameux programme :
>> Mise en place de la 6ème République (voir la vidéo de Demos Kratos) qui sous-entend la réécriture de la constitution par les citoyens, pour se rapprocher toujours plus de la démocratie au sens « le pouvoir du peuple ». Si vous avez du temps, regardez donc l’émission Esprit de campagne spécial 18 mars, on y voit que le débat n’est pas clos et c’est vraiment intéressant.
>> La révocabilité des élus. C’est à dire que si un élu ne respecte pas ses promesses, a commis une faute morale grave, ou pénale, on peut lui retirer son mandat et élire un remplaçant.
>> Inscrire dans la constitution :
– Le droit à jouir de son propre corps. C’est à dire que personne ne pourra exiger de vous comment vous comporter (dans le cas de l’avortement par exemple ou si je souhaite avoir une aide médical pour mourir dans la dignité), ni comment vous habiller (taille de la jupe, port du voile), ni ce que vous devez penser… Tout ceci s’imbriquant indiscutablement dans les droits de l’homme : « ma liberté s’arrête là où celle de l’autre commence. »
La règle verte. « On ne prend pas à la terre plus que ce dont elle est capable de reconstituer. » Ça semble couler de source et pourtant… vu l’état actuel de la planète, ça ne semble pas évident pour tout le monde. Avec cela d’inscrit, il me semble qu’il y a pas mal de choses qui vont devoir bouger et s’adapter ! On ne pourra plus jouer les ignorants sur les responsabilités que l’on a vis à vis des pays étrangers dont on exploite les ressources, ni vis à vis des générations futures dont on saccage l’avenir.
>> Sortir du nucléaire et passer aux énergies 100% renouvelables. On a fait un zapping d’une dizaine de minute pour expliquer pourquoi c’est si important de sortir du nucléaire. Vous pouvez le voir >> ICI <<
>> Créer 300 000 emplois en soutenant l’agriculture écologique et paysanne. En créant la demande locale nécessaire pour assurer la pérennité des agriculteurs qui s’y engagent, en proposant entre autre de mettre toutes les cantines scolaires au 100% bio. L’exemple de la ferme du Bec Hellouin en Normandie qui, avec des petites surfaces mais plus de main d’œuvre, est plus rentable à l’hectare que des maraîchers en conventionnels, en utilisant ni pesticides, ni tracteurs, est un beau modèle duquel on peut s’inspirer.
>> La sécu à 100% pour tous. Ça paraît fou et le pire c’est qu’on peut le faire.
>> Remettre la retraite à 60 ans.
>> Créer 14 tranches d’impôts pour mieux répartir la charge et que ce ne soit plus la classe moyenne qui paie tous les pots cassés. Et taxer sérieusement les hauts revenus.
>> Lutter contre la fraude fiscale. Depuis le temps qu’on l’attend ! Mais c’est pourtant loin d’être la priorité de tous les candidats…
>> Lutter contre les causes de l’immigration en construisant la paix : en sortant entre autre des traités qui permettent l’exploitation des ressources des autres pays sans contrepartie équitable pour les populations locales. En sortant des traités qui mettent les économies des pays en concurrence. Comme le libre-échange des biens et marchandises. Les droits sociaux durement acquis des uns, rendent les salariés d’ici non concurrentiels face à ceux des pays qui n’en bénéficient pas. Les produits fabriqués là bas, reviennent moins cher, si aucune protection n’est mise en place. C’est ainsi que les grandes entreprises finissent par délocaliser. Cette logique, en plus de détruire les économies locales, dressent les peuples les uns contre les autres et nous rendent dépendants des marchés mondiaux dont le seul objectif est de faire de l’argent. Il faut donc mettre en place les protections nécessaires pour y remédier.
>> Faire de la lutte contre la précarité une priorité. Quelque soit sa forme, logement, alimentation, santé, énergie, éducation…

jlm2017Bon il y a tellement de choses chouettes que j’ai moi aussi du mal à faire le tri. Ce que je lis à travers ce programme en règle général c’est une démarche humaniste : répartir les richesses et ressources créées de façon équitable pour pouvoir vivre ensemble harmonieusement. Je vous laisse sur cet avant goût pousser les recherches plus loin. Le programme est disponible en ligne.

« Oui, mais c’est bien joli toutes ces belles idées, mais on ne pourra jamais payer tout ça, la dette… ».  dit « J’ai le cœur à gauche et la raison à droite. »

Vous pensez peut être que les gens de la France Insoumise n’y ont pas pensé non plus? Un chiffrage a été réalisé par toute une équipe et a été rendu publique, expliqué et argumenté par des économistes et ouvert aux critiques des journalistes dans une émission de 5h visible sur internet. Alors on peut chipoter sur les chiffres pendant des heures encore, il y aura certainement toujours quelque chose à dire. Mais il ne me semble pas avoir vu d’autres candidats détailler ainsi leur programme. Peut être que les mesures qu’ils proposent sont moins engageantes, donc plus facilement acceptées et moins discutées… Je n’ai pas la réponse.

Philosophiquement il me semble plus sain d’aller vers la société que nous désirons, quelque soit les pensées comptables. Ces pensées comptables ne sont d’ailleurs pas capables d’estimer les choses au delà du court terme, le reste étant toujours des estimations. Dans ces conditions il n’est pas interdit de rêver, de mettre en place ce que nous souhaitons et de s’adapter au fur et à mesure des évènements que nous rencontrons. Personne ne peux projeter de vivre sur la dette, on est obligé de s’adapter à ce que nous avons et ce que nous sommes capable de produire. Notre planète nous rappelle d’ailleurs à l’ordre ! Tâchons d’en prendre note. Ne bradons plus nos rêves sous prétexte que nos repères actuels ne nous permettent pas de comptabiliser leur mise en place. L’argent ne peut plus être le moteur de nos décisions. Nous risquerions de perdre notre vie à la gagner. Allons vers cette société que nous désirons, respectueuse de l’humain et la planète.

Quelque soit l’issue de cette présidentielle, j’espère que le mouvement de la France Insoumise fera mouche par son audace et sa manière d’aborder la politique. Mais je sais très bien que la société civile ne l’a pas attendu pour déployer tout un tas de solutions créatives et innovantes. Je pense cependant que si son candidat, Jean-Luc Mélenchon, sort vainqueur de ces présidentielles et met en place ce programme, cela donnera un sacré coup de projecteur sur cette vague de fond qui n’a pas attendu les élections pour réinventer le monde et expérimenter une nouvelle société. Si il ne passe pas, il faudra juste s’armer d’un peu plus de patience, et continuer chacun individuellement dans nos vies à notre hauteur, mais aussi en s’organisant ensemble, pour contribuer à cet édifice commun, à travers nos choix et nos gestes quotidiens.

Sur ce, je vous invite à consulter les livrets thématiques qui décortiquent le programme, à jeter un œil sur les émissions que ce mouvement propose sur internet, surtout « Pas vu à la télé » ou encore « Esprit de campagne« .

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COURT-CIRCUIT, L’AUTOGESTION

Immersion

La particularité de la ressourcerie Court-circuit c’est l’autogestion, c’est à dire qu’il n’y a pas de hiérarchie. L’organisation, les règles, sont décidées par l’ensemble des personnes de la structure. Les tâches sont partagées. Les responsabilités sont réparties sur les épaules de chacun.

Lors de mon passage, la ressourcerie fonctionnait avec 8 salariés et des bénévoles plus ou moins réguliers. La règle d’or c’est le dialogue ! Ici, une réunion chaque mercredi matin permet de mettre en discussion différents points : les actions à venir, les questions soulevées la semaine précédente ou établir le planning, etc… C’est aussi le moment de s’exprimer sur son ressenti au sein de l’équipe, son état du moment : fatigue, problèmes familiaux, etc… à ne pas prendre à la légère !! car il permet de  comprendre certaines réactions des collègues et éviter les conflits [lien 1]. Comprendre l’autre permet donc de mieux coopérer. Lors des réunions, on peut aussi parler de son rapport au travail : « c’est un fardeau cette mission, j’ai l’impression de perdre mon temps » ou au contraire « c’est un vrai plaisir, j’ai plein d’idées, j’aimerai aller plus loin » et ainsi trouver en groupe les dispositions à prendre. Les réunions peuvent être centrées sur des points précis comme les objectifs à long terme, les salaires, les partenariats…
ReunionMercrediChaque réunion fait l’objet d’un compte rendu. Cela permet de suivre l’évolution, se remémorer ce qui a conduit à certaines décisions  et ne pas reproduire ce qui s’est avéré infructueux. C’est aussi permettre à n’importe qu’elle personne qui intègre la structure de prendre le train en marche, en ayant accès de manière transparente aux activités passées. En tout cas, que l’on soit là depuis plusieurs années ou seulement quelques semaines chacun a la possibilité de s’exprimer, les salariés comme les bénévoles !

Le but de l’autogestion c’est l’autonomie de l’individu au sein du collectif. Être autonome c’est pouvoir choisir et agir librement. Contrairement à une entreprise « classique », en autogestion, il n’y a pas d’accaparement du savoir par quelques uns, pas de dossier confidentiel, car cela entraverait l’autonomie des individus et donc le bon fonctionnement de l’activité. (Un choix n’est libre qu’en possession de tous les tenants et aboutissants connus.) Chacun, en tant qu’expert de son propre poste, est libre d’y apporter les modifications nécessaires, mais se doit de rapporter à l’équipe ce qu’y est essentiel pour assurer la liberté d’action des autres. La confiance est donc indispensable.

Il me semble, pour que l’autogestion fonctionne durablement, que le nombre d’individus au sein de la structure doit rester suffisamment petit pour rester gérable par le collectif en son ensemble. La confiance et le dialogue étant des piliers, comment serait-il possible de préserver l’autogestion dans une structure qui a atteint une taille telle que l’on ne peut plus prendre le temps de se parler tous ensemble, et que l’on n’en connait pas tous les membres? [lien 2]

C’est d’ailleurs pour cela que je crois énormément au pouvoir local. Faire en sorte que les décisions les plus importantes se gèrent à petites échelles, au sein d’un collectif où le dialogue est possible et que les gens se font confiance. Si grande échelle il y a, alors ce serait seulement pour le simple partage d’idées, mais pas la prise de décisions qui bousculent la vie de chacun.

Le dialogue c’est la clé de la démocratie. Se mettre d’accord c’est long. Donc oui, si l’on souhaite une véritable démocratie il faut prendre le temps. Le temps c’est l’assurance de notre liberté.ChoixCourtCircuit

D’ailleurs de telles expériences de démocratie existent. Il y a de plus en plus nombreuses « entreprises libérées »[lien 3] ou encore des villes où l’on pratique la vraie démocratie ! [lien 4 et 5]

Je peux vous assurer qu’après une expérience pareille, je ne reviendrai pour rien au monde à un système hiérarchique. Vivement l’autogestion partout !

Repas-CourtCircuit_____________________________

Et parce que travailler ensemble ce n’est pas toujours évident, des outils aident à l’autogestion, la communication non violente (CNV) par exemple en est un précieux  [lien 6]. Certaines personnes diplomates la pratiquent certainement sans le savoir, en connaître les tenants permet d’identifier pourquoi ce n’est pas le fruit du hasard. Le rôle des facilitateurs et les gestes pour les réunions, sont tout aussi utiles, je les avais déjà expérimenté lors de ma participation au collectif Alternatiba à Lille. [lien 7]

Et ce qui est bien avec la communication non violente comme l’autogestion, c’est que ça se pratique dans tous les moments de la vie : à la maison, au travail, avec les amis, dans son quartier…

Les outils d’autogestions évoluent et s’enrichissent au fil des expériences collectives, alors on ne s’ennuie jamais !

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LES LIENS :

[1] Une vidéo à destination des enfants qui reprend les principes des 4 grands accords Toltèques de Miguel Ruiz, mais qui peut tout autant aider les plus grands.
[2] je vous conseille la lecture du magazine S!lence sur la démocratie !
[3] documentaire « Le bonheur au travail » de Martin Meissonnier
[4 et 5] la ville de Saillans dans la Drôme a tente la vrai démocratie, une expérience et surtout un apprentissage pas à pas… le 1er lien est un article de Reporterre, le 2nd une présentation du fonctionnement par un habitant.
[6] Des petites astuces pour communiquer sans violence qui changent la vie.
[7] PDF Méthode d’animation de réunion

COURT-CIRCUIT, LA RESSOURCERIE

Immersion

Pour ce mois de Juillet, je suis bénévole dans une ressourcerie dans la Creuse. Là où tout le monde pense que rien ne se passe. C’est à Felletin que se trouve Court-Circuit.

Hangar

La ressourcerie est un lieu où l’on récupère ce que les autres ne veulent plus. C’est le passage de transition avant l’envoie à la benne. Les objets, meubles, fournitures de toutes sortes sont récupérés entiers ou en pièces détachés, triés et réparés quand cela est possible. Le tout est revendu à petits prix, pour rester accessible à tous, mais suffisant pour financer les différents outils de travail et de rémunérer les salariés de l’association.

Camion-CourtCircuitLes objets proviennent des dons directs à la ressourcerie, de débarras ou des encombrants. Ce n’est pas la seule source de revenus. La location de vaisselle, de véhicules (le fourgon ou le camion, lorsqu’ils ne sont pas utilisés) ou d’un broyeur pour les végétaux permettent d’autres entrées… Et la communauté de commune fait appel parfois à la ressourcerie pour différentes missions.

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Après les premiers tris, bien des objets sont en parfait état et un coup de chiffon suffit, sinon une petite pointe de soudure ou un élément à remplacer, et hop, on met en vente. Cependant, tellement de choses sont jetées que les capacités de la ressourcerie sont insuffisantes pour tout traiter. Alors les objet nécessitant le plus de boulot, bricolage comme nettoyage, sont jetés, à regret, faute de moyens humains, de temps ou d’espace de stockage. Mais il faut dire aussi… par l’impossibilité de réparation due à l’obsolescence des objets, pensée dès leur conception !

Je me dis qu’il faudrait de nombreux lieux de valorisation répartis sur les territoires, pour encaisser la masse de déchets, parce que sinon c’est direction la déchetterie pour incinération ou enfouissement. Y a mieux question écologie ! Il y a les communes qui se mettent en route pour le zéro déchet grâce au mouvement Zéro Waste. Roubaix par exemple. Favoriser le réemploi des objets par la création de ressourceries s’inscrit parfaitement dans ce contexte. C’est quand même mieux de viser cet objectif, car le meilleur déchet c’est celui que l’on ne produit pas ! Et même si c’est un objectif difficile à tenir, c’est pousser la démarche le plus loin possible. Ne dit-on pas qu’il faut viser la lune pour atterrir dans les étoiles?

Apports à reparer Bidet-Tomates

Pour agir à mon échelle, grâce à cette immersion au sein de la ressourcerie, je me rend compte que pour valoriser au mieux les objets dont je veux me séparer, c’est déjà de les nettoyer, pour ceux qui fonctionnent évidemment ! (bon j’ai plus rien là, mais à l’avenir…) En plus c’est une étape à la portée de tout le monde, qui facilite le travail de valorisation et la reprise. Les gens qui travaillent en ressourcerie pourront alors concentrer leurs efforts sur d’autres points, comme la réparation et donc remettre dans le circuit plus d’objets et en jeter moins.

Je sais aussi qu’il y a des espaces d’échange pour Mac Gyvers en herbe comme aguerris : les « Repair cafés ». Éphémères, réguliers ou non, ce sont des moments organisés pour réparer avec d’autres, des objets de toutes sortes. Ils sont de plus en plus nombreux à s’initier un peu partout. À Lille par exemple, Le jardin des bennes en organisent régulièrement à la MRES (Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarité, 23 rue gosselet). On y fait des réparations de toutes sortes, de la tasse ébréchée, au grille pain qui fait sauter les plombs, du recousage de bouton à l’ordinateur qui plante. Ce qui est bien c’est que tout le monde à quelque chose à transmettre.

Affaire à suivre !

TRANSITION – LE GRAND DÉBARRAS

Transition

Ça y est j’ai quitté le cocon, la coloc’ lilloise. La sécurité de l’appartement tout équipé. La ville. Je conserve le stricte minimum. Le tout tient dans un sac de rando. Transition-DebarrasIl me reste encore des choses dont je vais me séparer progressivement. J’ai encore la possibilité de les stocker et je n’ai pas pris suffisamment de temps avant mon départ dans la Creuse pour m’en occuper. Mais je me fais la promesse de m’en débarrasser. J’ai déjà revendu ou donné une partie, via les amis, le boncoin ou un groupe facebook de don Lille à récup’ (il existe des groupes similaires dans plusieurs villes), les fringues sont parties pour recyclage textile 240, un lieu qui fait friperie, éco-mercerie et atelier et qui vit grâce aux dons de vêtements, tissus, laine, etc.

Finalement, dans ce grand chamboulement, c’est le don qui m’a le plus réjouie : un 1er tapis est parti équiper un numéro de cirque, un 2nd l’appartement d’un jeune couple, un tableau noir d’enfant pour un petit garçon, du matériel de dessin pour une étudiante en beaux arts… (il existe des sites comme donnons.org pour ceux qui n’aiment pas FB). J’étais ravie de m’alléger et les gens étaient contents d’acquérir des objets à moindre frais. J’avais même stocké un vieux lit en bois trouvé dans la rue, dans le but de fabriquer des meubles, mais pour lequel je n’ai jamais pris le temps. Finalement quelqu’un l’a récupéré et transformé en étagère, il m’a même envoyé une photo.

Lit-Etagere

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !

Le processus, pour me détacher de tout ça a été plus ou moins long, le but n’étant pas de faire ce choix par nécessité (manque d’argent), mais bien par envie. Il y a 4 mois j’avais peur. L’impression d’avoir besoin de tous ces objets pour me sentir en sécurité et continuer à avancer dans mes projets. Trois mois loin de tout ça, m’ont permis de me rendre compte que je n’avais pas besoin d’eux et donc que je pouvais m’en débarrasser.

Désormais je veux vivre léger. Peu de choses pour être plus libre. Moins d’objets, c’est moins d’entrave pour voyager et faire ce dont j’ai envie. Et ce sont quelques pas de plus vers la sobriété heureuse, mon objectif de vie.

Suite des évènements? bénévolat au sein de la ressourcerie Court-Circuit à Felletin, pour un petit mois dans la Creuse au bord du plateau des millevaches.